23 Novembre 2008    

La Lettre de juin 2006

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Web 2.0

Dossier - la lettre de juin 2006

  

L'appellation Web 2.0 fait penser à un nouveau standard du W3C. Elle porte doublement mal son nom, puisqu'il s'agit en fait de 2 tendances, l'une sociale, l'autre technologique.
Tendances, certes, mais qui vont probablement encore bouleverser nos modes de vie et de travail :

  • sociale : l'évolution vers de nouveaux modes de communications, plus créatifs, comme les "réseaux sociaux".
  • technologique : l'évolution vers des postes de navigation plus "intelligents".

Réseaux sociaux

Aux Etats-Unis, les réseaux sociaux sont en pleine explosion. Un américain sur deux les fréquente désormais.
Parmi les plus visités, MySpace, Blogger, Classmates Onlines et You Tube. Bien sûr, après une période de croissance forte, il est probable que beaucoup d'internautes lèveront le pied. Il restera toutefois un nouveau média ou le consommateur n'est plus seulement passif.
En effet, depuis une trentaine d'années, nous sommes tous plus ou moins collés face au poste de télévision. Celui-ci nous déverse des émissions, concurrence oblige, de plus en plus formatées, consensuelles, standardisées, mondialisées : télé-réalité ou séries policières.
Mais nous voulons aussi pouvoir nous exprimer, exister individuellement, créer.
L'ère du Web 2.0 a peut-être sonné. Internet s'ouvre enfin à l'expression personnelle, à l'instar du bricolage, du jardinage, du tunning, voire du tricot.
Les possibilités sont innombrables :

  • donner son avis sur un blog (marre-des-transports-en-commun.com),
  • s'exprimer sur son blog personnel (journal-de-Pierre),
  • lancer un nouveau business (mes-frites-a-domicile.com),
  • collaborer à un ouvrage collectif (wikipapas.com),
  • faire partie d'une communauté (archéologie-78.com),
  • ou simplement jouer en ligne avec un super pote inconnu (warrior-mega-bizz.com).

(ne cherchez pas trop les sites ci-dessus !)
Le nouvel Internet, c'est donc l'occasion :

  • d'échanger,
  • de créer,
  • de s'exprimer.

Un moyen d'expression

La motivation ne suffit pas. Pour pouvoir s'exprimer sur Internet, il fallait jusqu'alors :

  • maîtriser le fonctionnement d'un ordinateur et de son fameux "système d'exploitation" (t'as quoi toi ? un PC ou un Mac?,
  • maîtriser un langage de programmation ou un logiciel de création graphique destiné aux spécialistes,
  • emprunter des liaisons coûteuses et pas toujours fiables.

Pour que les individus s'approprient le web il a fallu attendre :

  • des espaces d'échange peu chers, voire gratuits (ADSL, espaces perso....),
  • des outils permettant la communication entre individus (wikis, blogs...).

Ces outils ont tous pour caractéristique essentielle d'être extrêmement simple à utiliser et de mettre immédiatement leur utilisateur en contact avec une communauté. On peut schématiquement les ranger en 5 catégories :

  • communication directe :
    - messageries instantanée (AIM, Google Talk, MSN, Yahoo! Messenger...),
    - téléphonie sur IP (Gizmo, Skype...),
    - partage de carnet d'adresse (Plaxo),
  • l'expression d'une personne ou d'une communauté (journal personnel, site d'une association...),
  • échange d'idées :
    Les forums et les blogs rassemblent des communautés (victimes d'une maladie, amateurs d'une technique ou d'un type d'objet, d'activité...). La police du blog est normalement assurée par un modérateur, chargé de vérifier la respectabilité des propos.
  • les contenus collaboratifs : une communauté se rassemble autour d'un projet auquel chacun peut apporter sa pierre. Le plus emblématique est probablement Wikipedia, mais il en existe bien d'autres, moins structurés, ou moins médiatisés.
  • les réseaux sociaux proprement dits (Viaduc, 6nergies...) qui visent à constituer sur le web des réseaux de contact entre individus.

Ce qu'il ressort de tous ces moyens, c'est que, même avec un outil simple comme MSN, l'utilisateur peut participer à une réflexion, exprimer sa créativité, apporter un petit plus à un ensemble qui s'enrichit peu à peu et dépasse alors largement les possibilités d'un réseau téléphonique ou télévisuel antérieur.
Le réseau social, ce n'est donc pas un simple moyen d'échange, mais bien la création par la société des hommes d'une intelligence, d'une organisation collective riche, d'une manière que l'on pourrait comparer à une ruche ou une fourmilière.

Terminal intelligent, smart client

Où effectuer l'essentiel des calculs, sur le serveur ou sur le poste client ? Et comment s'assurer à distance du bon fonctionnement du poste client ? Comment ne pas transformer un utilisateur en technicien ?
Au fil des ans, plusieurs logiques se sont affrontées dans un mouvement de yo-yo :

  • le terminal passif, qui se contentait, il y a 20 ans, d'afficher les pages du mainframe,
  • l'architecture client/serveur : le serveur fournit les données, mais le poste client effectue les calculs,
  • le client léger : retour vers la logique du terminal passif, le poste n'est chargé que de faire fonctionner un navigateur web qui doit afficher les pages HTML fournies par le serveur. Et l'appellation de "pages dynamiques", n'en a guère que le nom.

La puissance d'un micro-ordinateur dépasse maintenant largement celle d'un mainframe utilisé il y a 20 ans pour servir tous les besoins d'une entreprise. Dommage donc de ne l'utiliser que comme une sorte de téléviseur, dommage également de transférer par des lignes de communications qui seront toujours trop étroites des informations dont on n'a pas forcément besoin.
Les réflexions poussent donc à nouveau à effectuer sur le poste client un minimum de traitement. C'est désormais possible sur des postes grand-public grâce à la généralisation des normes liées au web et comprises par tous les navigateurs : HTML, XML, CSS, JavaScript...
Google Maps est une bonne illustration de cette technologie.

Ajax, le petit client malin

Ajax (Asynchronous Javascript And XML) n'est pas un nouveau langage ou un nouveau projet, mais un nouveau concept de développement sur Internet. On peut le résumer en 2 caractéristiques essentielles :

  • il met en oeuvre des normes déjà utilisables sur pratiquement toutes les machines : HTML, XML, JavaScript,
  • il est asynchrone : pendant la consultation, le navigateur (ou plus exactement l'application web Ajax), peut effectuer des calculs ou faire appel aux ressources du serveur, sans que cela corresponde obligatoirement à une action de l'utilisateur. Le poste redevient autonome et intelligent.

Le résultat est donc une application fonctionnant sur un navigateur web (Microsoft Internet Explorer, FireFox...), souple, puissante, rapide et ne nécessitant pas d'installation sur le poste utilisateur.

Technologie Ajax

Dans une application web classique, le serveur envoie au poste client le code d'une page HTML.
Dans une application Ajax, il va envoyer une page XML et des programmes JavaScript. Ceux-ci pourront s'exécuter sur le poste client, par exemple pour vérifier la validité d'une saisie, mais aussi pour afficher des informations découlant de la saisie. Ensuite, ils pourront s'adresser automatiquement au serveur pour obtenir des informations complémentaires, la fonction JavaScript invoquée est généralement XMLHttpRequest.
Quels sont les outils à mettre en oeuvre pour le développement d'une application Ajax ?

  • sur le poste client : rien de particulier, puisque les navigateurs modernes savent tous traiter XML et JavaScript. Reste seulement le problème des autorisations de sécurité, puisque beaucoup d'utilisateurs interdisent les exécutions dans leur navigateur.
  • sur le serveur : une programmation spéciale, assez technique, est nécessaire. On dispose pour cela de frameworks spécialisés ou de modules à ajouter aux environnements de développement web classiques. Chez Microsoft, c'est Atlas, qui ajoute à l'environnement .Net la compatibilité Ajax.

Ce que cela va changer

Les chances de succès sont grandes, en raison de la facilité d'utilisation sur tous les postes clients.
On peut ainsi utiliser sur un poste client de nouveaux programmes, sans avoir à faire la moindre installation. Les utilisations sont donc de 2 ordres :

  • dans l'entreprise : on peut utiliser des applications bureautiques (traitement de texte, tableurs...), des applications métiers internes ou en ASP sans les installer. La maintenance disparaît, les facturations à la demande sont vraiment possibles.
  • chez le particulier : celui-ci peut désormais accéder à des applications sophistiquées sans connaissances extraordinaires. Là on rejoint la première définition du web 2.0 qui permet à chacun de mettre à jour un blog ou un carnet de photos sans outils particuliers.

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