23 Novembre 2008    

La lettre de janvier 2008

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Stockage - les 10 grandes tendances du stockage en 2008

Avis d'expert - Hu Yoshida - la lettre de janvier 2008

Document d'après  Hu Yoshida

Hu Yoshida
Hu Yoshida, le CTO d’Hitachi Data Systems, offre son analyse des enjeux du secteur, exprime son point de vue sur les meilleures pratiques de stockage et propose des solutions concrètes pour les besoins réels actuels en matière de stockage. Il est un expert reconnu dans le monde du stockage, et son blog a été récemment classé parmi les 10 plus influents du secteur par Network World. En 2006, il a été désigné « CTO de l’année » par Jon Toigo et, en octobre 2006, Byte and Switch l’a désigné comme un guru du stockage en réseau.

La maîtrise des émissions de CO2 et l’éco-technologie

La préoccupation croissante au sujet du réchauffement planétaire conduit de plus en plus d’États à imposer des normes et des réglementations en matière d’émissions de CO2. Les grandes entreprises vont fixer des objectifs pour une réduction de ces émissions. La production d’électricité constitue une source importante d’émissions de CO2. La demande croissante en termes de puissance de calcul, de bande passante réseau et de capacité de stockage va augmenter le besoin énergétique des centres de traitement informatique.
Le gouvernement américain vient de conclure une étude estimant que le secteur informatique a consommé environ 61 milliards de kilowattheure (kWh) en 2006 (1,5 % de la consommation électrique totale aux États-Unis) pour un coût global d’environ 4,5 milliards de dollars.
Ces chiffres devraient doubler dans les cinq prochaines années. Certaines villes, notamment Londres et New York, manquent de puissance électrique et il faut déplacer les centres de traitement vers d’autres régions qui en disposent. Ceci va exiger des mises à niveau d’installations et des investissements en écotechnologie.

Incertitude économique et budgets serrés

La crise du marché immobilier américain, les prix du pétrole élevés et la baisse du dollar génèrent une incertitude économique. Les budgets seront serrés et les services informatiques vont devoir optimiser leur fonctionnement.
Cette exigence implique l’examen de moyens pour consolider les ressources informatiques par le biais de la virtualisation, accroître l’utilisation de ressources telles que les cycles de serveur et les capacités de stockage, éliminer au maximum les redondances par déduplication et stockage mono exemplaire ainsi que réduire le volume actif de données de production par usage intensif de solutions d’archivage.

Utilisation accrue de l’archivage et développement de nouveaux systèmes

Le volume de données structurées de type base de données explose en raison d’exigences de conformité obligeant à stocker plus de données sur de longues durées.
Le volume de données semi-structurées de type courriel, pages Web et données de gestion de documents augmente considérablement. Les quotas de courriel d’entreprise vont passer de moins de 200 Mo à 2 Go pour prendre en charge de nouveaux travailleurs intellectuels et concurrencer les offres de services gratuits de Google et AOL.
Une profusion de données non structurées produite par les étiquettes RFID, les cartes à puce et les capteurs contrôlant tout du rythme cardiaque aux mouvements transfrontaliers. Les nouveaux avions Airbus et Boeing Dream Liner vont générer des téraoctets de données pour chaque vol.
Toutes ces contraintes vont se traduire par le besoin d’archiver des données afin de réduire le volume actif de données de production. De nouveaux types de systèmes d’archivage, à capacité évolutive jusqu’à des pétaoctets et permettant de rechercher un contenu parmi différentes formes de données, seront alors nécessaires.
La création d’un archivage distinct pour chaque type de données ne constituera en rien une solution.

Prise de conscience des lacunes du stockage

Les entreprises devraient globalement prendre conscience du fait que le stockage de données est devenu peu performant : utilisation faible ou inexistante, trop de copies redondantes, accès à bas débit, recherche inefficace et effet perturbateur des transferts ou migrations.
Il ne sera plus possible de continuer à acheter les mêmes anciennes architectures de stockage. L’achat de systèmes de stockage plus rapides avec des disques de capacité supérieure pour les mêmes architectures ne sera plus viable.
De nouvelles architectures de stockage seront requises pour répondre à l’évolution des besoins, des architectures adaptables en termes de performances, connectivité et capacité sans perturbation jusqu’à plusieurs pétaoctets. En outre, elles doivent pouvoir offrir de nouveaux services de données et de stockage, tels que l’intégration multiprotocole et la recherche commune, entre des unités de stockage hétérogènes avec une gestion centralisée et une protection sécurisée.

Mobilité des données : une exigence clé

Avec le besoin d’assurer une disponibilité continue des applications, la capacité de déplacer des données sans perturbation au niveau de l’application va s’avérer nécessaire.
Alors que les logiciels de transfert de données ont été mis à contribution dans le passé, ils accaparent des cycles de traitement de l’application et sont limités à des liaisons IP à bas débit. L’augmentation du volume de données perturbe leur déplacement. Le transfert de données doit être délesté vers un système de stockage pouvant exploiter des liaisons Fibre Channel à haut débit sans besoin de cycles de traitement de l’application.
Cette exigence va prendre une importance croissante pour la migration de données lors de mises à niveau vers des architectures à capacité de stockage de plus en plus grande.

Virtualisation du stockage au niveau du contrôleur disques

La virtualisation du stockage au niveau de l’unité de contrôle va être reconnue comme la seule méthode à valeur ajoutée pour les baies de stockage existantes.
Le docteur Kevin McIsaac, un analyste spécialisé de la société australienne Intelligent Business Research Services Pty, souligne que l’idée de pouvoir superposer une couche de virtualisation (par réseau) à des baies de stockage existantes s’avère très imparfaite. Il précise que cela aboutit à une vue de plus petit dénominateur commun de l’infrastructure, les fonctions à valeur ajoutée de la baie étant éliminées.
Ce type de virtualisation crée à la fois une couche supplémentaire de complexité et est source potentielle de panne, mais également un goulot d’étranglement de rendement et une dépendance vis-à-vis du fournisseur.
Une approche basée sur la virtualisation au niveau de l’unité de contrôle permet d’exploiter toute la richesse fonctionnelle de l’unité de contrôle disques et d’améliorer les fonctions de couches existantes et de réduire le coût des baies de stockage. Une telle méthode de virtualisation va permettre à des systèmes de stockage moins performants d’utiliser les services à valeur ajoutée de l’unité de contrôle en tant que fonctions de mobilité des données ou d’allocation dynamique.

Développement du stockage orienté services

Le stockage orienté services va devenir le complément nécessaire d’une architecture orientée services (SOA) dans le domaine de l’applicatif et d’une infrastructure orientée services dans le domaine de l’infrastructure (SOI), pour réussir à bâtir le centre de traitement dynamique du futur.
L’architecture SOA dépend d’une couche de virtualisation fournie par XML permettant à des applications de partager des données et d’utiliser des services communs (par exemple, la facturation). L’infrastructure orientée services dépend d’une couche de virtualisation fournie par des produits tels que VMWare permettant à des systèmes d’exploitation de partager les ressources d’une plate-forme de traitement.
Le stockage orienté services exige une couche de virtualisation dans l’unité de contrôle disques qui permet à d’autres systèmes de stockage d’exploiter ses services, notamment un cache global haute performance, la réplication à distance, le stockage multi niveaux et l’allocation dynamique.

Convergence de services de stockage par contenu, fichier et bloc

Au lieu d’avoir des systèmes de stockage distincts pour du contenu (archivage), des fichiers et des blocs, nous allons observer la convergence de ces types de stockage vers une plate-forme de virtualisation commune.
Des clusters haute disponibilité de serveurs de contenu et de fichiers vont utiliser une plate-forme commune de services de virtualisation par bloc avec un ensemble centralisé d’outils de gestion. Des serveurs de contenu et de fichiers vont ainsi pouvoir exploiter des services communs par blocs tels que la réplication à distance, l’allocation dynamique ou la virtualisation de systèmes de stockage hétérogènes.

Allocation dynamique ou la consommation du stockage selon le besoin réel

Avec l’allocation dynamique on évite le gaspillage de capacité de stockage allouée mais inutilisée. L’économie est multiple car ce système permet de ne copier que l’espace alloué chaque fois qu’une copie est requise pour des cycles de sauvegarde, réplication, exploration de données, test de développement, distribution de données, etc.
La mise en œuvre de l’allocation dynamique devrait prendre la forme d’un service sur une plate-forme de virtualisation du stockage afin que des systèmes de stockage existants puissent en bénéficier par virtualisation. Les avantages de l’allocation dynamique seraient nuls si elle exigeait encore un autre système de stockage autonome. Sa capacité à optimiser l’utilisation du stockage sera saluée par les défenseurs de l’environnement et considérée comme un moyen de maîtriser les coûts.

Déduplication

La déduplication va être mise en œuvre par tous les principaux fournisseurs de solutions de sauvegarde. Elle s’avère particulièrement efficace pour éliminer des données dupliquées dans des sauvegardes.
La capacité de réduire un flux de données de 20 à 30 fois va être très utile pour réduire le coût de stockage au point qu’il sera possible de stocker des données de sauvegarde sur disque plutôt que sur bande avec une amélioration de la fonctionnalité, la disponibilité et la fiabilité.
D’autres formes de déduplication, telles qu’une instance de stockage unique pour archiver et une copie d’écriture pour instantanés, vont se généraliser.

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