La Lettre d'avril 2006
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Simulation numérique
Editorial - la lettre d'avril 2006
La simulation numérique est une approche qui permet au chercheur et à l’ingénieur d’analyser des phénomènes qui par leur complexité échappent au calcul « traditionnel ».
Sans prétendre à une description exhaustive, on peut dire que les simulations numériques peuvent permettre de comprendre (recherche fondamentale ou appliquée), prédire (météorologie, climatologie, épidémiologie, …) ou concevoir (automobile, aéronautique, génie civil,..).
Pourquoi la simulation numérique ?
La simulation numérique est une approche qui permet au chercheur et à l’ingénieur d’analyser des phénomènes qui par leur complexité échappent au calcul « traditionnel ».
Cette complexité peut être de nature très différente.
- elle peut être liée au nombre d’objets à prendre en compte.
Ainsi, en utilisant les lois de la gravitation, le physicien sait calculer depuis longtemps le mouvement d’une planète autour d’une étoile. Le mouvement des quelques millions d’étoiles à l’intérieur d’une galaxie est régi par les mêmes lois, mais seule la simulation numérique peut permettre de l’étudier. - on a aussi recours à la simulation numérique lorsqu’un très grand nombre de paramètres doit être incorporé dans un calcul. La propagation d’une vague dans l’océan est gouvernée par la dynamique des fluides et il est possible de calculer sa vitesse dans des situations simples, idéalisées. Si, dans le cas d’un tsunami, on veut prédire avec une précision suffisante la hauteur de la vague en chaque point du littoral, il faut tenir compte dans les équations de la morphologie des fonds marins et du rivage sur toute la zone concernée.
- la complexité d’un problème peut aussi provenir du nombre de phénomènes qui interviennent. Ainsi l’évolution du climat sur le long terme doit intégrer la modélisation de phénomènes thermiques, géologiques, biologiques et chimiques … De plus, souvent, les sources de « complexité » que nous avons évoquées peuvent se cumuler. C’est en particulier le cas d’une arme thermonucléaire où un grand nombre de phénomènes physiques s’imbriquent et ce, dans des géométries complexes.
A quoi peuvent servir les simulations numériques ?
Sans prétendre à une description exhaustive, on peut dire que les simulations numériques peuvent permettre de :
- comprendre (recherche fondamentale ou appliquée),
- prédire (météorologie, climatologie, épidémiologie, …)
- concevoir (automobile, aéronautique, génie civil,..).
Dans les domaines qui ont été évoqués, les outils traditionnels que sont devenus l’expérimentation, les tests, les maquettages, etc … sont devenus très coûteux en temps ou en argent (exemple les crashs tests), parfois insuffisamment représentatifs (une maquette ne permettra pas à un ingénieur de choisir le béton le mieux adapté à un pont ou à un barrage, ni comment il vieillira) ou tout simplement impossible pour diverses raisons (les essais nucléaires par exemple !).
Quels sont les ingrédients d’une simulation numérique ?
Au-delà des ordinateurs, les outils de la simulation numériques sont :
- des modèles mathématiques (ensemble d’équations) qui décrivent les phénomènes étudiés (physiques ou autres),
- des méthodes ou algorithmes qui permettent à la machine de résoudre ces équations
- des données sur les composants utilisés (par exemple pour chaque pièce d’une automobile sa densité, son coefficient de dilatation, son élasticité, etc …).
Les outils de la simulation numérique
A ces ingrédients, il faut ajouter les moyens d’acquérir ces données, de valider les modèles mathématiques utilisés et lorsque c’est possible de vérifier les résultats des simulations.
En amont d’une simulation numérique, les physiciens établissent les équations décrivant les phénomènes à analyser.
Ces équations ne pouvant être résolues « à la main », des numériciens les transcrivent sous forme adaptée au calcul par ordinateur. Le plus souvent, cela consiste à découper le domaine de calcul en un grand nombre de petites zones qu’on appelle des mailles. Les équations mises en forme doivent permettre de calculer comment chaque maille va évoluer sous l’influence de ses voisines durant un court intervalle de temps (ou pas en temps). Le problème est alors dit « discrétisé ». La précision du calcul augmente en général avec le nombre de mailles et donc avec la puissance de la machine.
Une simulation menée à son terme génère ainsi une très grande quantité de données (par exemple la densité, la température, … à chaque intervalle de temps et dans chaque maille), qu’il ne serait pas possible d’exploiter sous la forme de simples colonnes de chiffres. Il faut donc également disposer d’outils spécifiques permettant de mettre en forme et de visualiser les résultats pour pouvoir les interpréter.
La simulation numérique : un outil idéal ?
La qualité d’une simulation numérique est bien sûr liée à la qualité des « ingrédients » évoqués plus haut.
Sa fiabilité dépend de la qualité des moyens de validation, globale ou par parties. Du fait de la complexité des problèmes traités, il est assez difficile d’évaluer le degré de précision d’une simulation. C’est un domaine qui fait l’objet de recherches tout comme l’amélioration des modèles et des algorithmes.
La composante humaine a aussi une importance. Un risque pourrait être que les utilisateurs, chercheurs ou ingénieurs, considèrent que les résultats de leurs simulations « sont » la réalité. Leur « savoir faire » est donc aussi un aspect essentiel.
L'enjeu de la simulation numérique
La simulation numérique est aujourd’hui indispensable :
- pour la recherche par l’apport à la compréhension des phénomènes complexes ;
- pour les entreprises par le maintien de leur compétitivité (des produits conçus plus vite et moins cher).
Les progrès dans le développement des superordinateurs (HPC) sont en adéquation avec ces demandes et permettent d’y répondre (la puissance des machines est multipliée par 10 tous les quatre ans, pour le même coût).
La création d’un pôle de compétence en simulation haute performance, Teratec, apporte les spécialistes nécessaires à la modélisation des phénomènes et au fonctionnement efficace des superordinateurs.
Christophe Behar ()
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