02 Décembre 2008
La lettre d'avril 2008
- Tous les évènements informatiques sont sur le Guide
- Montée de version logicielle : les bonnes recettes
- La gestion de la relation client, un secteur en pleine mutation
- L’équipe projet n’abandonne pas son outil
- Les DSI se mettent au vert
- Les rencontres 2008 du management de projet
- Géo événement
- Trois aiguillons pour l’information géographique
- SIG - Des solutions entre logiciels et services
- SIG, mode d’emploi : 11 principes pour tout savoir
- Le système d’information géographique abat ses cartes
- Quand la vie privée des stars fait jurisprudence
Archives
Quand la vie privée des stars fait jurisprudence
Avis d'expert - Sylvie Jonas - la lettre d'avril 2008
LA RESPONSABILITE DU TITULAIRE DU NOM DE DOMAINE
Avocat au barreau de Paris, Sylvie Jonas possède une expertise reconnue en matière de droit des affaires, technique contractuelle et droit des technologies de l'information et de la communication. Titulaire d'un DESS en droit international des transports, elle a exercé son activité de conseil et de contentieux au sein de cabinets européens et internationaux (Département " Financing & Corporate " du cabinet Norton Rose, cabinet FG Associés intégré au cabinet Salans, Hertzfeld & Heilbronn et cabinet EYLAW). Sylvie Jonas est associé-fondateur du cabinet Lexvia.
Deux décisions récentes du Tribunal de grande instance de Nanterre viennent préciser la responsabilité du titulaire du nom de domaine d’un site rediffuseur d’informations par flux RSS.
La rumeur d’une relation amoureuse entre Olivier D., réalisateur du film La Môme, et Sharon Stone courait. Deux sites, Wikio.fr et Lespipoles.com, ont relayé de manière automatique par flux RSS cette information publiée sur Gala.fr. Olivier D. a saisi en référé le Tribunal de grande instance de Nanterre sur le fondement de l’atteinte à sa vie privée. Le président du Tribunal de grande instance a condamné le titulaire du nom de domaine Lespipoles.com à réparer le préjudice subi (TGI Nanterre, réf. 28 février 2008). Au contraire, il a refusé de faire droit à sa demande à l’encontre du titulaire du nom de domaine Wikio.fr (TGI Nanterre, réf. 7 mars 2008). Pourquoi ?
La première décision retient la responsabilité du site Lespipoles.com alors même que celui-ci indique avoir réservé le nom de domaine pour le compte d’une société et non pour lui-même. Le juge relève qu’en l’absence de toute mention sur le site permettant notamment d’identifier cette société, Olivier D. est recevable à agir à son encontre. Dans la deuxième décision, le juge refuse de faire droit à la demande d’Olivier D dans la mesure où les noms de l’hébergeur et de l’éditeur sont clairement indiqués sur le site. Ainsi, une action en responsabilité fondée sur une atteinte commise via un site Internet ne serait pertinente à l’encontre du titulaire du nom de domaine qu’à la condition qu’aucune mention relative au nom de l’hébergeur ou de l’éditeur ne figure sur le site.
En outre, la décision Lespipoles.com précise que le titulaire du nom de domaine peut être qualifié d’éditeur. Le juge constate que le site possède un moteur de recherche propre, qu’il hiérarchise les informations selon une disposition préétablie, et qu’il comporte des publicités dont il tire profit. Il déduit de ce faisceau d’indices, à l’instar de la décision MySpace (TGI Paris, réf. 22 juin 2007, Comm. com. électr. décembre 2007, comm. n°143), que le titulaire du nom de domaine a la qualité d’éditeur et qu’il doit assumer pleinement la responsabilité de l’atteinte causée à Olivier D.
Cette décision s’inscrit pourtant dans un contexte jurisprudentiel déniant le plus souvent la qualité d’éditeur à l’encontre de la personne qui organise la présentation du site (TCom Paris, 20 fév. 2008) mais n’est « pas personnellement à l’origine de la diffusion » du contenu illicite et ne porte aucun regard sur ledit contenu (TGI Paris, 13 juil. 2007 et 19 oct. 2007, Comm. com. électr. décembre 2007, comm. n°143). Or, l’« éditeur », contrairement à l’« hébergeur », qui bénéficie d’un régime de faveur (Article 6-I de la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique), est responsable de plein droit des atteintes commises sur son site. Cette décision est particulièrement protectrice de la victime d’atteintes commises sur Internet et devrait inciter les titulaires des noms de domaine à une plus grande vigilance quant au respect des dispositions légales portant sur les obligations d’information devant être mentionnées sur les sites internet.
La rumeur d’une relation amoureuse entre Olivier D., réalisateur du film La Môme, et Sharon Stone courait. Deux sites, Wikio.fr et Lespipoles.com, ont relayé de manière automatique par flux RSS cette information publiée sur Gala.fr. Olivier D. a saisi en référé le Tribunal de grande instance de Nanterre sur le fondement de l’atteinte à sa vie privée. Le président du Tribunal de grande instance a condamné le titulaire du nom de domaine Lespipoles.com à réparer le préjudice subi (TGI Nanterre, réf. 28 février 2008). Au contraire, il a refusé de faire droit à sa demande à l’encontre du titulaire du nom de domaine Wikio.fr (TGI Nanterre, réf. 7 mars 2008). Pourquoi ?
Un recours valable en absence du nom de l’éditeur
La première décision retient la responsabilité du site Lespipoles.com alors même que celui-ci indique avoir réservé le nom de domaine pour le compte d’une société et non pour lui-même. Le juge relève qu’en l’absence de toute mention sur le site permettant notamment d’identifier cette société, Olivier D. est recevable à agir à son encontre. Dans la deuxième décision, le juge refuse de faire droit à la demande d’Olivier D dans la mesure où les noms de l’hébergeur et de l’éditeur sont clairement indiqués sur le site. Ainsi, une action en responsabilité fondée sur une atteinte commise via un site Internet ne serait pertinente à l’encontre du titulaire du nom de domaine qu’à la condition qu’aucune mention relative au nom de l’hébergeur ou de l’éditeur ne figure sur le site.
Le titulaire d’un nom de domaine peut être un éditeur
En outre, la décision Lespipoles.com précise que le titulaire du nom de domaine peut être qualifié d’éditeur. Le juge constate que le site possède un moteur de recherche propre, qu’il hiérarchise les informations selon une disposition préétablie, et qu’il comporte des publicités dont il tire profit. Il déduit de ce faisceau d’indices, à l’instar de la décision MySpace (TGI Paris, réf. 22 juin 2007, Comm. com. électr. décembre 2007, comm. n°143), que le titulaire du nom de domaine a la qualité d’éditeur et qu’il doit assumer pleinement la responsabilité de l’atteinte causée à Olivier D.
Une grande vigilance est requise
Cette décision s’inscrit pourtant dans un contexte jurisprudentiel déniant le plus souvent la qualité d’éditeur à l’encontre de la personne qui organise la présentation du site (TCom Paris, 20 fév. 2008) mais n’est « pas personnellement à l’origine de la diffusion » du contenu illicite et ne porte aucun regard sur ledit contenu (TGI Paris, 13 juil. 2007 et 19 oct. 2007, Comm. com. électr. décembre 2007, comm. n°143). Or, l’« éditeur », contrairement à l’« hébergeur », qui bénéficie d’un régime de faveur (Article 6-I de la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique), est responsable de plein droit des atteintes commises sur son site. Cette décision est particulièrement protectrice de la victime d’atteintes commises sur Internet et devrait inciter les titulaires des noms de domaine à une plus grande vigilance quant au respect des dispositions légales portant sur les obligations d’information devant être mentionnées sur les sites internet.
Pour aller plus loin
Les dossiers
Les livres
Forum
- La sécurisation des appels d'offre
- Les contrats l'infogérance
- Les contrats le delit de marchandage
- Le droit de la propriété intellectuelle concurrence d'un ancien salarié
- Le droit de la propriété intellectuelle : les logiciels libres
Vous voulez avoir l'avis d'un expert sur ce sujet ?
Toute l'actu sur ce sujet
-
Pour le droit au logement à Créteil le 1er décembre
Over Blog
29 Novembre 2008
-
Internautes : le droit à l'oubli aux abonnés absents
Droit NTIC
28 Novembre 2008
Gouvernance
Document, connaissances, GEDEmploi informatique
Législation
Licences, open source
Politique informatique
Qualité, certification, référentiels
Solutions
BI, décisionnel, SIGBureautique
Finances, gestion, trésorerie
Gestion commerciale, CRM
Mobilité
Production, logistique, SCM
Solutions globales, ERP
Solutions RH
Technologies
Archivage et sauvegardeHardware
Localisation, traçabilité
Locaux, sécurité physique
Programmation, développement
Réseaux et communications
Sécurité logique, virus et intrusions
Site Internet
Stockage, SAN, NAS
Systèmes et infrastructure
Editorial
ActualitésAgenda
Annuaire
Blogs
Contributeurs
Dictionnaire
Dossiers
Emploi
Forum
Lettre
Libraire