La Lettre de novembre 2006
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Comment utiliser les données financières pour augmenter les bénéfices
Avis d'expert - Michel Bruley - la lettre de novembre 2006
Document d'après Michel Bruley
Michel Bruley est le directeur marketing de Teradata France, division de NCR Corporation.
Depuis 1975 il a travaillé comme consultant chez Bossard Consultants ou Ciba Geigy. Il est entré chez NCR en 1993 et dirige le Marketing de Teradata depuis 1997.
La donnée comptable reflète mal les événements
La plupart du temps, les directions financières pensent que les seules informations qu'elles ont à leur disposition sont celles qui sont issues des systèmes comptables ou budgétaires.
Or toutes les informations issues de ces systèmes sont fondées sur des données qui reflètent mal les événements réels.
Les données agrégées contenues dans les rapports standards peuvent répondre aux questions basiques :
- quel est le revenu ?
- quelle est la marge bénéficiaire ?
- quel est mon encours client ?
- comment tout cela impacte mon cash flow ?
Mais ces questions ne traitent que superficiellement de ce qui s'est réellement produit de façon opérationnelle et ne permettent pas de parfaitement maîtriser la marche des affaires.
Une vision claire de l'activité
Le point qui nous intéresse ici, est comment peut-on mieux contrôler une entreprise en utilisant proactivement les données financières ?
Les meilleures entreprises fonctionnent en se référant à un nouveau paradigme où les données financières détaillées, l'analyse et l'assurance de l'exactitude créent un avantage concurrentiel en permettant la prise de décision en quasi temps réel.
S’appuyant sur une technologie adéquate, une entreprise peut fonder ses décisions sur une vision claire de ses activités de la synthèse financière aux détails opérationnels et ceci tout au long des périodes comptables. Cette facilité permet à une organisation d'agir sur ses affaires courantes avant la fin d’une période sans attendre les arrêtés pour changer certaines de ses manières de faire.
Un environnement décisionnel
Un tel environnement peut être mis en place grâce à un processus en trois étapes.
- réaliser une infrastructure pour intégrer les données financières : le premier problème d’aujourd'hui est celui de l'accès aux données.
Le plus fréquemment les entreprises gèrent leurs activités au moyen de nombreux systèmes opérationnels différents (maison ou progiciels) plus ou moins intégrés et même lorsqu’elles ont fait l’effort de se doter d’un ERP, la plupart du temps elles en exploitent de multiples instances hétérogènes.
Dans ce type de contexte les analystes trouvent l’accès aux données difficile et très long. Il convient pour solutionner ce problème d’intégrer les données financières de tous les systèmes opérationnels dans un environnement unique pour établir un référentiel détaillé de l’activité et produire les tableaux de bord de base.
Les analyses doivent être faites grâce à un environnement self service tel que les responsables puissent accéder aux données dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin, sans avoir recours à un tiers. Concrètement il s’agit de mettre en œuvre un entrepôt de données détaillées et les applications d’analyses financières nécessaires. - tirer bénéfice de l’intégration des données financières en termes de prévision et de modélisation : les analystes sont plus libres pour faire des analyses avancées quand ils peuvent accéder au moment opportun à des données intégrées via un portail ou un tableau de bord en libre service.
Les entreprises peuvent alors trouver des réponses à des questions de plus en plus fines, comme : Qui sont mes meilleurs vendeurs ? Qu’ont-ils vendu ? Quelles sont les tendances par rapport à l’année dernière ? En fonction de la qualité des réponses à ces questions, les entreprises peuvent développer des modèles plus ou moins affinés, des prévisions précises et des raisonnements par hypothèse dans tous les domaines de leurs activités. Si vous savez mieux anticiper l'impact de votre décision, vous saurez aussi mieux la gérer (prise de décision & mise en œuvre). Une fois que les données sont intégrées, les analystes de la fonction finance peuvent exécuter des calculs précis du niveau le plus fin (par exemple : client/produit) au niveau le plus agrégé, au lieu de fonder leur calcul sur des habituelles et contestables approches par clés de répartition.
Quand les activités de l’entreprise sont capturées au niveau le plus fin, la direction financière peut facilement analyser la rentabilité en détail à travers de multiples dimensions et regarder les affaires sous de plus nombreux angles. Pour être efficace, les processus d’analyse doivent être continus. Pour permettre à des utilisateurs d'agir et de faire des changements qui produisent des résultats financiers mesurables, alors il ne s’agit pas simplement de les mettre en situation d’observateur, mais d’être actif et pour cela qu’il puisse appréhender la réalité des activités à un niveau suffisamment fin. - intégrer les données financières avec les autres données de l’entreprise : la troisième étape pour accroître la valeur de l'information financière est d'intégrer les données financières détaillées avec d'autres données d’activité de l'entreprise. Mais attention le défi n’est pas mince, car il s’agit de prendre en compte les millions de transactions et d'interactions qu’une entreprise peut avoir quotidiennement avec ses différents partenaires (clients, fournisseurs, …). Mais l’expérience montre qu’une fois qu'une entreprise a une vue globale et détaillée de ses données, les opportunités d’affaires sont sans limites.
Un directeur financier agit sur tous les secteurs
Une fois que les gestionnaires ont les bons éléments financiers, ils peuvent voir comment agir sur les coûts, accroître les revenus et augmenter la productivité.
Des analyses très opérationnelles peuvent être menées pour supporter des décisions économiques quotidiennes et optimiser les processus. Il s’agit que toute l’entreprise – des acteurs de la chaîne d'approvisionnements à ceux en relation avec les clients – puisse avoir accès aux informations qui leur permettent de prendre de meilleures décisions. Alors que la vue des activités devient plus claire pour tous les responsables, le rôle du Directeur Financier devient plus important.
Aujourd'hui, être un bon Directeur Financier exige donc d’agir à travers tous les secteurs d'activité de l’entreprise. Il exige également la capacité à initier des discussions sur le besoin de faire évoluer les modèles d’activités et sur les voies innovantes qui peuvent conduire à améliorer les résultats financiers.
Dès que les entreprises arrivent à un meilleur niveau de connaissance et de maîtrise de leurs activités, elles sont à même d’automatiser certaines prises de décisions tactiques de façon à réagir sans délai aux événements. Alors la gestion devient plus libre et les responsables peuvent se concentrer sur la stratégie de l’entreprise, sur l’optimisation des processus et des infrastructures pour maximiser les résultats.
Au final ce progrès de la connaissance des activités conduit à transformer l’entreprise et sa culture.
Satisfaire aux nouvelles obligations légales
Changer son modèle d'affaires, gagner des avantages concurrentiels et créer de nouvelles occasions de bénéfices ne représentent qu’une partie des défis que les Directeurs Financiers doivent relever.
En effet, ces derniers sont aussi régulièrement confrontés à d’autres demandes importantes comme dernièrement celles liées à de nouvelles normes en matière de gestion des risques ou de comptabilité pour les sociétés cotées de l'Union européenne (normes comptables International Financial Reporting Standards).
Les contraintes liées à de nouveaux critères de conformité s’ajoutent à la nécessité existante de simplifier, centraliser et normaliser les systèmes, les processus et les données. Un défaut de conformité est un risque important dans les affaires qui peut avoir comme conséquence une perte de capitalisation boursière, des pénalités financières pour l’entreprise et l’engagement de la responsabilité de l'équipe dirigeante. Cela dit, la bonne nouvelle est que les nouvelles technologies de l’information et des communications aident les entreprises à répondre à ces nouvelles demandes.
En répondant proactivement à ces exigences de conformité, les entreprises peuvent viser une nouvelle efficacité financière et finalement améliorer les opérations et la rentabilité de l’ensemble de leurs activités.
Michel Bruley ()
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