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Se connecter partout en haut débit : Wi-Fi, WiMax et CPL en Seine-et-Marne
Secteur public
ADSL, Wi-Max, Wi-Fi, BLR, CPL, FTTH, les collectivités territoriales (municipalités, départements, régions), deviennent, bon gré mal gré, des opérateurs de communication.
Le département de Seine-et-Marne joue un rôle pilote dans cette entreprise.
Visite illustrée des technologies mises en place.
Fracture numérique
Internet joue désormais un rôle fondamental. C'est un des outils de développement économique indispensable aux entreprises, c'est aussi un vecteur de communication et d'information pour les familles.
La fracture numérique, c'est le handicap découlant de ne pas pouvoir accéder à Internet,
- soit par manque de connaissances ou de moyens financiers (pour des particuliers),
- soit parce que l'on se trouve en un lieu qui ne permet pas une connexions suffisamment rapide (au moins 512 kbit/s pour un particulier et probablement 1 ou 2 Mbit/s pour une entreprise).
Mais cette fracture n'est pas le triste apanage des pays pauvres ou des régions reculées. Elle peut frapper à quelques kilomètres de la capitale, comme en Seine-et-Marne. Les collectivités agissent donc sur les 2 plans pour réduire la fracture numérique. La présente fiche s'intéresse aux moyens de couvrir les zones mal desservies.
En effet, comme la plupart des autres départements, la Seine-et-Marne ne dispose pas sur tout son territoire d'un accès rapide à Internet. On parle alors de :
- zones blanches pour les zones qui ne sont éligibles à l'ADSL,
- zones grises, pour les zones ou les débits sont insuffisants, spécialement pour la communication des entreprises.
En effet, l'ancien réseau téléphonique imposait une distance maximale de 14 km entre l'usager et le central. C'est désormais moins de 5 km (un peu plus pour le READSL) qui constituent la distance maximale entre l'usager ADSL et le DSLAM.
La Seine-et-Marne, terre de contraste
La Seine-et-Marne présente 2 particularités notables :
- 1. de taille : la Seine-et-Marne est un département très vaste, au point qu'il couvre à lui seul plus de 49 % de la surface de l'Ile-de-France.
- 2. d'activité :
- le département compte des zones urbaines denses, généralement proches de Paris et plusieurs pôles économiques importants, Roissy, Marne la Vallée, Sénart et Melun, Fontainebleau
- 20 % du territoire départemental sont des surfaces boisées et près de 60 % des surfaces agricoles.
Il en résulte que 300 de ses 514 communes comptent moins de 1000 habitants et 258 étaient encore mal couvertes par l'accès à l'Internet rapide en 2005.
Solutions mises en place
Le Conseil général a, en premier lieu, agit auprès de France Telecom pour obtenir une couverture aussi bonne que possible. Il a ensuite choisi de prendre en charge le raccordement des 79 communes les plus mal desservies. Les solutions alternatives à l'ADSL utilisées suivant les besoins sont :
- le WiMax (Worldwide Interoperability for Microwave Access),
- le Wi-Fi (Wireless Fidelity)
- le CPL (Courant Porteur en Ligne)
Solution WiMax
Un émetteur WiMax placé sur un point haut (château d'eau, pylône...), permet de raccorder les usagers situés dans un rayon de 10 km (antenne omnidirectionnelle) à 20 km (antenne 4 secteurs) et donc de desservir plusieurs communes.
Le réseau du département comprend 19 antennes-relai.
Le coût d'installation d'un relai est très variable, car il dépend des différents travaux à entreprendre et ce, qu'il desserve de 200 à plusieurs milliers de foyers. On peut toutefois estimer le coût d'équipement d'un château d'eau, par exemple, entre 30 000 et 100 000 euros.
Chez l'usager, l'installation se limite à la pose d'une antenne similaire, mais moins encombrante qu'une parabole de télévision et le raccordement de l'ordinateur à un boîtier modem de type différent (voir la fiche WiMax). Ces 2 équipements, diffusés en petite série, coûtant beaucoup plus cher que des équipements de grande diffusion de type Wi-Fi ou ADSL.
Ici, l'exemple est celui de Clos Fontaine (272 habitants). Les antennes WiMax ont été installées par Altitude Télécom qui exploite le réseau et vend les forfaits. Le conseil général finance le coût d'installation chez le particulier qui est de 600 euros.
L'usager paie son abonnement Internet à un tarif similaire à celui de l'ADSL urbain (39 euros pour du 1 Mbit/s symétrique).
L'usage du WiMax trouve son intérêt pour le raccordement d'usagers éparpillés dans des zones faiblement peuplées.
Plus d'infos sur cette technologie sur la fiche "WiMax".
Solution Wi-Fi
Comme pour le WiMax, le Wi-Fi nécessite l'installation d'une antenne collective principale sur un point élevé et d'une antenne individuelle sur le toit de la maison de l'usager.
La technologie Wi-Fi est moins coûteuse à installer, tant au niveau collectif que chez l'usager, mais d'une portée plus réduite.
L'exemple est celui de Crisenoy (600 habitants), situé à 4 km du remarquable château de Vaux-le-Vicomte, et équipé en Wi-Fi en 2,4 GHz.
Les usagers doivent se partager une bande passante de 5 à 6 Megabits.
La technologie Wi-Fi convient à des zones moyennement denses ou à l'équipement de petites poches.
Solution CPL
On pense d'abord au CPL pour connecter par le réseau électrique les différents postes informatiques situés à l'intérieur d'un bâtiment ou d'une habitation (CPL indoor). Mais on peut également utiliser cette technologie pour connecter les habitations d'une bourgade à partir d'un poste de transformation (CPL outdoor).
Cette fois, plus besoin d'une antenne collective sur un bâtiment élevé, mais d'un dispositif d'injection du signal Internet dans chaque transformateur de la ville. C'est EDEV, filiale d'EDF qui a réalisé cette installation, en partenariat avec Axia France et Vinci Networks.
L'exemple est celui de Vert-Saint-Denis (8 000 habitants) qui se trouvait à 7 km du DSLAM. 21 transformateurs ont été équipés. Ils sont regroupées par grappe de plus ou moins grande taille (1 à 6 transformateurs). Chaque transformateur d’une grappe est relié à l’autre également par CPL et l’un des postes (appelé tête de grappe) est relié à Internet en Wi-Fi.
2 300 des 2 500 foyers peuvent déjà être raccordés (tous les transformateurs ne sont pas facilement équipables).
L'équipement d'un transformateur revient à environ 7 000 euros.
Chez l'utilisateur, l'installation est simple et peu coûteuse, puisqu'il s'agit de brancher un modem CPL (100 euros environ) sur la prise d'alimentation électrique la plus proche du PC.
La technologie CPL permet d'équiper des zones denses, comme des bourgs ou éventuellement des villages lorsque les habitants concernés sont tous rattachés à un très petit nombre de transformateurs.
Choisir une technologie
Le Conseil général de Seine-et-Marne a donc été amené à choisir des technologies différentes suivant la caractéristique des zones blanches à couvrir. On peut aider la réflexion par le tableau synoptique suivant :
Ces chiffres ne doivent être interprétés que comme des ordres de grandeur, sachant que :
- les installations sont partagées et donc les débits théoriques ou moyens sont sujets à variation,
- le coût des investissements est très variable suivant ce que l'on inclut dedans et le mode de financement et d'amortissement retenu.
Raccorder les antennes-relai
Raccorder les usagers aux antennes-relai est un premier pas, mais il faut que celles-ci soient à leur tour connectées au réseau Internet global.
La liaison par satellite n'a pas été retenue, car elle est plus coûteuse et génère un temps de latence pénalisant. Elle semble mieux adaptée à des petits besoins isolés qu'à une opération à l'échelle d'un département.
2 méthodes ont été employées :
- la création d'une liaison hertzienne BLR de relai en relai depuis les Mercuriales (Porte de Bagnolet) pour desservir les liaisons WiMax.
- la mise en place d'une dorsale de plusieurs centaines de km sur fibre optique baptisée Sem@for77 et desservant les principales zones d'activité en 2008. Le but étant qu'à terme aucune commune ne se trouve à plus de 15 km de cet accès à très haut débit.
Merci à Vincent Eblé et Bertrand Caparroy, respectivement président et vice-président du conseil général de Seine-et-Marne, ainsi qu'à Ariel Turpin, responsable des TIC, pour leur aide sur ce dossier.
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