ECI (Enterprise Content Integration)
Document, connaissances, GED
L'ECI (Enterprise Content Integration - intégration des contenus d'entreprise) permet d'accéder de manière transparente aux contenus gérés dans de multiples systèmes, comme les sites web, les systèmes de gestion de documents, ou autres systèmes de travail collaboratif.
A quoi sert l'ECI ?
Pour un utilisateur final l'ECI va permettre d'ajouter, modifier, supprimer et bien sûr rechercher toute information, sans avoir pour autant à savoir dans quel système il se trouve stocké.
Ainsi, le chef de projet pourra manipuler de manière transparente le compte-rendu de réunion géré dans Lotus Notes ou le manuel de référence géré dans le système de l'entreprise, par exemple sous le système FileNet.
La problématique de la gestion des contenus
Les contenus de l'entreprise sont multiformes et gérés en entreprises dans des systèmes très différents :
- messages et dossiers partagés,
- outils de groupware et de travail collaboratif,
- gestion documentaire ou de contenus,
- archivage et record management, ·
- sites intra et internet,
- sans oublier les applications métiers (CRM) et les systèmes de gestion intégrés (ERP...).
L'optimisation de cette gestion met en évidence deux problématiques assez complexes :
- la prise en compte du cycle de vie des contenus, et leur changement de nature au cours du temps,
- la difficulté d'un accès unifié à l'ensemble de ces contenus.
...outre bien sûr une volumétrie qui ne fait que croître et embellir.
Cycle de vie d'un contenu
Prenons l'exemple d'un projet quelconque.
L'équipe projet va vouloir, pendant la vie du projet, partager ses documents et les échanger au sein d'un outil de travail collaboratif. Lorsqu'une phase majeure du projet est terminée, certains de ces contenus devraient rejoindre des référentiels documentaires ; par exemple, la spécification fonctionnelle d'une application informatique, une fois validée, va alimenter le référentiel des applications de l'entreprise, qui est géré dans un système de gestion documentaire.
Ce contenu est passé d'un état issu d'un travail collaboratif d'un groupe de personnes à validé pour l'entreprise.
Sa gestion va également changer : si tout au long de la mise au point de ce contenu, plusieurs intervenants pouvaient modifier le contenu, une fois qu'il est devenu référentiel, le processus de tenue à jour va devenir beaucoup plus restrictif.
En d'autres termes, c'est selon la nature du contenu et son usage, c'est-à-dire son cycle de vie, qu'un contenu devrait être géré dans tel ou tel système - devrait, car aujourd'hui, les transferts d'un système à l'autre se traduisent au mieux par des interfaces coûteuses et au pire par des migrations de contenus, toujours douloureuses.
Accès unifié au contenu
Vu de l'utilisateur final, il est exclu d'exiger qu'il sache dans quel système se trouve quelle information.
L'accès unifié passe donc par un accès banalisé à toute source d'information dans l'entreprise, quel que soit le système dans lequel elle est gérée : systèmes de gestion de fichiers, de bases de données, de gestion documentaire, ou sites intranet et Internet...
Des résultats limités
Cette vision (initiée à la fin des années 1990) a certes permis de faciliter l'accès, mais avec de fortes restrictions, qui sont sans doute à la source de désillusions :
- au plan qualité de l'accès : par définition, les méta-données communes entre tous les systèmes sources se bornent a peu de chose : un titre, une date de création, une date de mise à jour, et un format informatique, et c'est à peu près tout.
Donc aucune possibilité de filtrage à valeur ajoutée, par exemple par type de contenu, auteur, statut de validation, etc - au plan fonctionnel : ces outils permettent certes la recherche et la consultation, mais ni la mise à jour de l'information, ni les transferts de contenus d'un " container " à l'autre, ni de suppression a fortiori.
Autrement dit, pour agir sur les contenus, il faut passer par le système hôte qui la gère, et donc changer d'environnement utilisateur. - au plan technique :
- les connecteurs qui permettent au portail de lire et d'indexer l'information contenue dans les systèmes hôtes ne sont pas universels, mais au contraire spécialisés selon les sources (et donc souvent facturés séparément par les éditeurs …) ;
- l'administration des utilisateurs et de leurs droits d'accès est complexe. Il serait en effet mal venu qu'un utilisateur puisse trouver via le portail une information à laquelle, via le système qui la gère, il n'aurait pas accès. Même si bien des portails savent s'interfacer avec des annuaires LDAP, cela ne suffit pas. Il faut aller bien plus loin dans les techniques de gestion des droits d'accès (tables pour les SGBDR, LCA pour Lotus Notes, etc).
De fait, l'accès unifié au contenu est possible en recherche, mais avec des performances pas toujours à la hauteur des attentes des entreprises. Les éditeurs de logiciels ont développé des aides sophistiquées comme la catégorisation, l'apprentissage du comportement des utilisateurs, etc. pour enrichir les fonctionnalités ; toutefois, le portail a un rôle passif de simple recherche et restitution.
Objectifs de l'ECI
Le but de l'ECI est de fournir à l'utilisateur l'ensemble des informations - contenus et méta-données -, mais aussi et surtout lui permettre de les manipuler, comme s'il utilisait le système hôte, voire davantage de fonctionnalités, comme le fait de migrer un contenu d'un système dans l'autre, d'accéder aux plans de classements internes des systèmes hôte, voire d'en avoir aussi une vision unifiée, pour peu que les administrateurs des systèmes ait défini des règles de correspondances.
En clair, c'est par exemple modifier les méta-données d'un document stocké dans un système Documentum et le mettre à jour, sans passer par le logiciel Documentum, mais via l'outil d'ECI, qui lui, va dialoguer avec le logiciel Documentum. Idem pour accéder à un dossier partagé d'un outil de travail collaboratif ou à des contenus gérés dans des outils métiers (par exemple un catalogue produit dans un système CRM). Ou bien encore, déplacer un contenu d'un système dans un autre, sans oublier de synchroniser les mises à jour.
Evidemment, tout cela suppose une gestion au cordeau des utilisateurs et de leurs autorisations respectives dans l'annuaire LDAP de l'entreprise, qui doit avoir des relations très poussées avec le système d'ECI.
Architecture et principes de l'ECI
Le cœur du système est le bus d'intégration ECI qui interface les fonctions élémentaires de manipulations des méta-données, des contenus, des règles de sécurité et d'authentification, fonctions définies autour des objets élémentaires et des méthodes associées. Ces fonctions sont ensuite " assemblées " selon l'interface homme-machine requise pour construire l'application visible de l'utilisateur. L'annuaire LDAP permet de gérer authentifications et règles d'autorisations et de sécurité.
Evidemment, pour qu'un système d'ECI soit recevable, il doit satisfaire à un certain nombre d'exigences :
- autoriser une interface utilisateur quelconque et qui respecte les standards informatiques de l'entreprise cliente
- offrir des fonctions de personnalisation et d'intégration au système d'information existant,
- être multi-plate-formes,
- avoir une architecture full web.
Principales utilisations de l'ECI
Les utilisations de l'ECI sont fondamentalement de deux natures :
- utilisation continue en tant que portail d'intégration et interface utilisateur : dans ce cas, l'utilisateur final manipule les informations - contenus et méta-données - au travers de l'application d'ECI.
- utilisation ponctuelle pour une migration de contenus d'un système source vers un système cible.
En effet, puisque l'outil d'ECI est capable de dialoguer avec les systèmes de gestion de contenus, il peut aisément transférer les informations d'un système dans un autre, et donc les migrer.
La première approche permet de ne pas intervenir sur les systèmes existants et donc de capitaliser sur les applications en place. La problématique des migrations est de plus fréquente lorsque les logiciels utilisés deviennent obsolètes.
Etat de l'art
Il ne s'agit pas d'un rêve, mais d'une réalité. Cette technologie existe et est opérationnelle au sein de grandes entreprises, qui ont par exemple :
- migré les informations critiques depuis des systèmes devenus obsolètes vers de nouveaux environnements,
- mis en œuvre un réel portail d'accès aux contenus, rendant ainsi pour l'utilisateur final, les systèmes pré-existants complètement transparents.
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