08 Septembre 2008    

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Le cas standard, c'est un ordinateur et un système d'exploitation.
La virtualisation, elle, fait croire à un système d'exploitation qu'il est seul à gérer une machine unique, bien que ce ne soit pas le cas.
Pour quoi faire ?

Principe de la virtualisation

La raison d'être d'un ordinateur est d'exécuter des tâches, développées sous forme d'applications.
Dans le cas classique, une machine est gérée par un système d'exploitation (le superviseur), qui est chargé de 2 responsabilités :

  • organiser le passage des applications (lancement, mise en attente, swap, arrêt... principalement),
  • fournir les ressources à ces applications (mémoire, accès aux données stockées, accès au réseau...).

 

 
La virtualisation ajoute une couche de supervision supplémentaire (l'hyperviseur), qui :

  • d'une part, assure la gestion de toutes les ressources physiques,
  • d'autre part, propose plusieurs petits environnements étanches où un OS autonome pourra tourner dans chacun d'entre eux.
     

 
La couche de virtualisation fournira à chaque OS les mêmes types de ressources que si celui-ci était directement aux commandes de la machine.

Quelles sont les intérêts de la virtualisation ?

Le 2 principaux intérêts de la virtualisation sont :

  • optimiser l'utilisation des ressources, spécialement celle du calculateur (un serveur classique n'utilise la puissance disponible qu'une faible partie du temps),
  • alléger la charge de l'administration système (en regroupant dans une même machine physique plusieurs machines existantes).

Historiquement, la virtualisation est apparue dans les années 70 (IBM VM 370). Elle permettait de faire tourner sur un mainframe plusieurs OS incompatibles (DOS/VSE et OS/MVS...) et créait déjà des machines individuelles (CMS), préfigurant le fonctionnement des premiers PC.
 

 
Depuis, et en dehors des 2 principales raisons (optimisation des ressources et simplification de l'administration), la virtualisation permet donc de faire cohabiter des environnements habituellement incompatibles :

  • Windows et Linux, par exemple,
  • des environnements de production et des environnements de tests en situation,
  • des nouvelles versions d'environnement en cours de basculement,
  • des environnements complets issus de l'intégration de filiales ou de sociétés nouvellement achetées (consolidation).

Dans ces cas cités, l'environnement pourra bénéficier de la puissance de la machine hôte et/ou de conditions de connexion semblables.

Alléger l'administration système

Si l'on ajoute une couche logicielle supplémentaire, potentiellement consommatrice de ressources et cause possible d'incidents, c'est paradoxalement souvent pour alléger la charge de l'administration système.
Les mainframes, système unique de l'entreprise, autrefois maîtres du terrain, ont cédé la place. Ils ont été remplacés par des serveurs de plus en plus nombreux (beaucoup de type x86). Les raisons, leur simplicité relative d'administration, le faible coût de licence, la scalabilité...
Administrer et maintenir ces nombreuses machines (parfois plusieurs milliers) est souvent devenu un vrai problème. Ils existent plusieurs solutions pour réduire cette charge :

  • les blade centers, qui rassemblent à chaque niveau de rack les interfaces utiles (alimentation, réseau, supervision...);
  • le mainframe,
  • la virtualisation.

 

 
Virtualiser, c'est donc rassembler dans une même machine, d'une part, un grand nombre de systèmes indépendants, d'autre part, un seul jeu de licences et d'interfaces.

Optimiser les ressources

On ne remplacera jamais 100 machines utilisées à 10% de leur temps par 10 machines utilisées à 100 %, mais peut-être 40 ou 50 machines.
Et diminuer par 2 ou 3 la puissance machine, c'est gagner sur tous les tableaux :

  • moins de m2 ultra-sécurisés,
  • moins d'énergie électrique ultra-fiabilisée,
  • moins de m3 ultra-climatisés...

...et aujourd'hui, on sait que l'on dépense plus pour les m2 de la salle machine que pour l'achat des serveurs. Une bonne raison d'optimiser la puissance machine.
La virtualisation est promise comme une étape sur l'alignement de l'IT sur la stratégie business.
 

 
Le résultat d'une virtualisation ?

  • un taux d’utilisation du matériel augmenté de 50 à 70 %
  • un délai de provisionnement des nouvelles applications de quelques minutes
  • des coûts matériels et logiciels réduits de 40 %
  • des coûts d’exploitation réduits de 50 à 70 %
  • enfin, un ratio nombre de serveurs gérés / administrateur augmenté de 50 pour 1 à plus de 150 pour 1

Mainframes, le retour

Pour pouvoir faire tourner plusieurs systèmes d'exploitation avec leurs applications dans une même machine, il faut des machines puissantes. Le mainframe connaît donc un regain d'intérêt. Les constructeurs comme Bull, HP, IBM ou Unisys les proposent toujours à leur catalogue.
Mais attention, le mainframe s'est en grandes parties débarrassé de ses vieux défauts (coûts élevés de l'hardware, coûts de licence, lourdeur de l'administration). Le mainframe est désormais construit à partir d'éléments courants du commerce, comme des processeurs x86 alignés en rang d'oignons et des systèmes d'exploitation open source.
 

 
Comme on le voit sur le document d'Unisys, le mainframe est capable de faire tourner en même temps si nécessaire plusieurs environnements de virtualisation concurrents (Microsoft Virtual Server, Linux Xen, WmWare ESX).

 
 
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