DMP : projet pilote en Franche-Comté
A priori, l'expérience menée en Franche-Comté est la plus avancée en matière de DMP.
Les premiers résultats devraient être montrables mi 2008, alors 95 % des établissements auront des DMP.
La problématique
Le DMP est confronté aux mêmes difficultés au niveau national et au niveau régional. En gros, elles sont de 3 types :
- l'hétérogénéité des lieux de soins, de l'infirmière libérale au CHU (en terme d'équipement informatique, de moyens financiers, de pratiques et de capacité à évoluer...),
- la tension financière qui pèse à tous les niveaux sur les capacités à se moderniser,
- le niveau d'adaptabilité parfois très réduit du public (notamment des personnes âgées ou peu instruites). Celui-ci impose un haut niveau d'ergonomie et la recherche de simplicité.
Une mise en oeuvre progressive
Le DMP n'a pas été imposé aux établissements tel quel. Le projet est parti d'une douzaine de réseaux qui souhaitaient s’informatiser.
Les travaux ont débuté par une politique de rapprochement des identités, ensuite, et en parallèle, par l'établissement d'annuaires communs.
La voie est maintenant ouverte vers le DMP. Celui-ci s'est d'abord défini en mettant en commun le minimum que l'on pouvait partager sur un projet baptisé au départ DMMP (Dossier Medical Minimum Partagé). En quelques mois tous les médecins étaient d’accord pour travailler sur les points minimums.
Maintenant, plus les gens partagent ce dossier personnel, plus le service rendu est important, et plus ils l’utilisent.
En 2004, le GCS (Groupement de Coopération Sanitaire) EMOSIST-FC (Ensemble pour la Modernisation des Systèmes d'Informations de Santé et le développement de la Télémédecine en Franche-Comté). a été créé. Il réunit les 7 principaux centres de soins et a obtenu l'adhésion de la quasi totalité des établissements de santé de Franche-Comté.
Ses objectifs sont l’accompagnement des adhérents dans la modernisation du système d’information des hôpitaux publics et réseaux, ainsi que la mise en œuvre de la politique régionale des systèmes d’informations et de la télémédecine. Le GCS est le diapason en matière de la gestion de l'identité des patients, la communication des informations médicales et l'archivage des données.
L'ARH a confié au GCS la mise en oeuvre d'un Dossier Médical Partagé à l'échelle de la région structurant les échanges d'informations entre Centres Hospitaliers, médecine ambulatoire et Dossier Médical Personnel national. Ce projet accompagne également, la création d'un annuaire régional des professionnels de santé, la gestion individuelle des transfusions, la gestion des urgences...
Gestion des identités
L'identification des patients est le pivot de tous ces systèmes, avec :
- la détermination des identités (sachant que le NIR (numéro de sécurité sociale) ne peut pas être utilisé (voir la fiche sur le DMP).
- le rapprochement des identités. Pas si simple, si l'on considère que chaque établissement avait déjà adopté des systèmes d'identification de ses propres patients et également qu'il n'est pas toujours simple de déterminer immédiatement l'identité du patient (patient admis en urgence ou en état de confusion mentale, patient étranger...).
La complexité de gestion des identités est d’autant plus importante que des systèmes comme la transfusion du sang dont la connaissance du patient doit être de 100 % doivent cohabiter et discuter avec des services des urgences où la priorité absolue est l’urgence vitale.
Dans ce deuxième cas les médecins prennent parfois le patient en charge sans vraiment le connaître, ce n’est qu’ensuite que l’on pourra véritablement l’identifier.
L’"identito-vigilance" est un des axes de travail que la région va devoir prioritairement mieux structurer afin d’établir des référentiels pour tous les acteurs de la santé. Une association avec de nombreux acteurs professionnels de la santé et industriels va être créée courant novembre et rassemblera plus largement des acteurs dans toute la France et sans doute au-delà pour trouver des solutions à cette complexité.
Le système doit intégrer toutes les recommandations internationales pour les données médicales (IHE XDS et PIX...). Il se base sur un certain nombre de traits identifiants : nom, prénom, ville...
Solutions adoptées
Dans le cadre de la mise en œuvre d’une plate-forme régionale des Systèmes d’Information, le GCS Emosist Fc a confié à SQLI la réalisation de plusieurs projets, dont le SIP (Serveur d’Identité Patient). L’enjeu majeur du SIP est de permettre les échanges entre les différents acteurs de la Santé pour renforcer la qualité de prise en charge du patient et donc l’efficacité du dispositif de santé (qualité des soins, traçabilité, planification, rationalisation des coûts…).
SQLI a réalisé un Serveur d’Identité Patient, permettant le rapprochement des identités patient avec d’autres domaines et susceptible d’être intégré au SI d’un établissement partenaire. L’interopérabilité avec l’ensemble des applicatifs s’appuie sur des flux XML, des composants EJB, avec un fonctionnement de type Web Services SOAP, abonnement, connecteur HL7.
Il est sécurisé sur deux niveaux :
- identification des professionnels de santé par carte CPS
- cryptage SSL.
Le GCS EMOSIST vient de choisir dbMotion, qui gère déjà 5 millions de DMP en Israël, pour mettre en œuvre sa solution. Celle-ci permet de créer un Dossier Patient Virtuel à partir des sources hétérogènes d’informations médicales existantes, telles que les systèmes de dossier patient électronique, les systèmes de gestions de laboratoires et centres d’imagerie, les systèmes hospitaliers, administratifs ou autres.
DbMotion en partenariat avec IBM et ses solutions de connectivité WebSphere ESB vont intégrer ce composant technologique sur la plate-forme de SQLI qui développe le Dossier Médical Partagé Franc-Comtois.
Cas pratique
Hervé Barge est chargé de mission Système d'information télémédecine à l'ARH (Agence Régionale de l'Hospitalisation) de Franche-Comté.
L'ARH est l'autorité de tutelle qui oriente la politique de santé au niveau régional.
L'ARH de Franche-Comté englobe les territoires ruraux et de moyenne montagne du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. On y trouve une cinquantaine de centres de santé, dont les deux principaux sont l’hôpital de Belfort-Montbéliard et le CHU de Besançon.
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